Je t’écris d’un territoire perdu, disons, je t’écris depuis chez nous, Haïti.
Ce pays où le soleil est toujours au zénith et paradoxalement d’une terre pleurant perpétuellement d’une vie criante.
Ma flamme jumelle, comme tu le sais, je pourrais t’aligner ces mots pour mille et une raisons. Mais durant ces dernières heures, j’ai plutôt opté pour la veillance de l’état de ton âme. Elle m’intéresse.
Évidemment, une infinité de gens pourrait s’intéresser à ce que tu fais, à ce que tu es, ou à ce que tu es en train de devenir. Mais en réalité, combien est minime le nombre de gens qui se soucient réellement de ton être intérieur ?
Qu’est-ce qui écarte le sommeil de tes nuits ? Qu’est-ce qui contraint l’aube à ne pas apparaître dans tes yeux ? Quel nuage obstrue la lumière de tes jours ?
Combien de doutes ? Combien de peurs ? Combien de peines ? Combien de pleurs ? Combien d’encres versées ? Combien de papiers calcinés ? Ils ne savent pas. Ils savent rien !
Par contre, je ne suis pas là pour juger. Cette affaire de justice, je la laisse aux justes. Puis, de toute façon je n’en sais pas grand-chose non plus. Je suis tout simplement consciente d’être une illustre inconnue sur ma propre terre, et je refuse d’avoir l’allure d’une ignorante de tes formes de vies.
Je sais qu’au début je t’avais dit que je serais là pour surveiller l’état de ton âme, mais ce n’est pas tout. Je ne suis pas là uniquement pour surveiller, je suis aussi là pour en prendre soin. Je veux prendre soin de toi. De ton âme.
Comment y arriver ? Je tâtonne !
Alors, pourrais-tu me montrer clairement la voie que je dois suivre ? Car en vérité, je ne supporte pas de te voir sombrer.
Je suis folle de rage de savoir que tu souffres, sans que je ne puisse rien faire. Ça me fend le cœur. Je suis attristée. Tu ne mérites pas de souffrir. Tu ne mérites pas les monstruosités de ce monde. Peut-être que moi non plus. Mais moi, je suis une habituée. Les atrocités d’ici me connaissent.
Je sais ce que ça fait d’être fatiguée à l’aube. Je sais ce que ça fait de se réveiller au beau milieu de la nuit et de regarder son sommeil traverser le portail. Je sais que ça fait de se réveiller » parce que » et » pour que « .
Mais, en dépit de tout… Il suffit que tu me regardes. Je m’enfouis dans ton regard et j’oublie les désastres de l’existence. Quelque chose déclenche ton fou rire, et tout bêtement je réussis à rire aussi.
Tes bras, mon havre de paix. Savoir que tu es là me rassasie. Tu me propulses. Et ton amour me suffit.
Sui-je une égoïste ? Peut-être ! Bon, si… je l’avoue !
Sinon, qu’est-ce que je fais pour illuminer tes sentiers ? Rien ! Néanmoins, je ne me lasse pas de me tremper dans ta lumière crue.
Je te souhaite donc la résilience, en attendant que j’y arrive…
Je t’aime, et reviens-moi vite, mon amour !
Ange Dany JOSEPH
🖋️ JAD

2 réponses
J’aime.❤️
J’aime depuis chez nous. ❤️