
Au cours d’une soirée d’été, ma capitale souffrait d’une chronique insomnie et j’avais profité de ce fameux moment pour te faire le tour de mon existence. En un tournemain, je te parlais de mes innombrables journées au visage crispé et également de toutes mes nuits particulièrement orageuses.
À l’époque, me voir à nu sous l’effet de ton charme te plaisait bien, non ? Peu importe ! Je suis de ceux qui croient dur comme fer qu’une bonne relation c’est celle où l’on ressent aucunement le besoin ou la nécessité de porter un masque, quel qu’il soit.
Avais-je donc tort de me livrer à toi ?
J’ai été ta confidente durant une éternité et pour une fois, je voulais inverser les rôles. Savoir ce que ça fait d’être celle que l’on écoute, ne serait-ce qu’une minute.
Aujourd’hui, à cause de toi, la nuit ne me sert plus à dormir. Je profite de ces moments d’obscurité en regardant se dérouler le film de ma vie dans sa totalité, ou tout simplement visualiser quelques séquences. Ressasser. Pleurer.
Évidemment, il m’arrive certaines fois de pleurer. Non, souvent. Sinon, que veux tu que je fasse face aux évidences ? Quelles autres réactions à avoir quand les mots me montent à la gorge et que je n’arrive pas à les sortir ? Que faire quand la déception me frappe en plein visage ?
Je pourrais parler ou peut-être écrire … Mais pourquoi le ferais-je ? À quoi ça sert de parler ou même de crier quand on a l’impression que son entourage s’est mis du coton à l’oreille ? Et pourquoi exposer nos peines sur un bout de papier lorsqu’on habite un monde privé de vue ? Personnellement, je ne parle plus. Je n’écris plus. Je me noie dans un tourbillon de silence. Par contre, je résiste.
Ah si ! Je résiste, tant bien que mal. Je résiste aux démons qui hantent mes nuits. À la réalité de certains jours. Aux pressions du quotidien. À l’indifférence de certains « proches ». Aux jugements hâtifs. À tout ce que je ne dis pas et qui me tient constamment au cou. Je résiste à tous mes mauvais souvenirs. Contre ces voix malveillantes qui clament sans cesse que je n’ai pas ma place ici. Je résiste tout en m’accrochant à l’idée qu’un jour ma vie pourrait être utile. Mais, être utile pour qui ou à quoi exactement ? Je n’en ai pas la moindre idée. Cependant, je ne compte pas arrêter ma course.
Ange Dany JOSEPH
🖋️ JAD
Une réponse
Cependant, je ne compte pas arrêter ma course…
Ne t’arrete pas. La victoire appartient aux gens de foi…
Merci!