
Après une journée de dur labeur, vers les 17 heures je suis rentrée à la maison et je me suis allongée au fond de mon lit dans l’espoir de me reposer tranquillement. Mais, soudainement, je me suis mise à farfouiller dans tous les recoins de mon existence, comme d’habitude. J’ai plongé ma main dans mes souvenirs, et me voilà avec la boîte à questions entre les doigts. J’y ai pioché et je suis tombée directement sur ta dernière interrogation : tu m’avais demandé pourquoi je passe autant de temps à écrire.
Veux-tu que je te dise honnêtement ? Ce jour-là, je n’avais pas la réponse. Je ne savais pas du tout quoi te répondre. Mais aujourd’hui le ciel est dégagé, la lumière entre à flot. Ainsi, non seulement je vois clair, je connais surtout les raisons de mes écrits. Finalement, j’ai ta réponse. Alors s’il te plaît tais-toi, je vais tout te déballer :
Pour m’exprimer verbalement, je n’ai pas toujours les mots qu’il faut, je n’utilise pas toujours le ton qui convient. Voilà donc pourquoi je préfère de loin étaler mes fragments de vie uniquement sur quelques bouts de papier, au lieu de me casser la voix alors que l’on n’arrive même pas à m’entendre… Toutefois, certains pourraient quand même penser que l’écriture représente pour moi tout simplement une passion. Mais il ne s’agit pas que de ça. L’écriture est pour moi une thérapie. Ma façon à moi de sur/vivre. Mon armure. Mon antidote.
Alors non, je n’écris pas seulement pour le plaisir d’écrire.
J’écris pour provoquer des incendies.
J’écris pour créer des ouragans.
J’écris pour apprivoiser mes démons.
J’écris avec mon âme.
J’écris avec mes tripes.
J’écris avec mon coeur.
J’écris avec mes larmes.
J’écris avec mes peurs.
J’écris avec ma rage.
J’écris pour dénoncer.
J’écris pour dévoiler.
J’écris pour partager nos douleurs communes.
J’écris pour (me) soigner.
J’écris pour apprécier .
J’écris pour proclamer.
J’écris pour conseiller.
J’écris pour te dire que, si tu n’aimes pas ta position, tu peux la changer. Tu n’es pas une plante incapable de bouger, mais heureusement un être humain.
J’écris pour pouvoir consoler les autres et, du coup, me consoler moi-même.
J’écris car, évidemment, on ne peut tout perdre à la fois, même si souvent ça en a tout l’air.
J’écris afin que tout le monde sache qu’en dehors de ma fierté je ne suis personne, que… comme tout être humain, j’ai mes faiblesses, je commets des erreurs de temps en temps ; mais, en dépit de tout, j’ai l’audace de croire que personne sur cette planète n’est assez digne pour me juger de quoi que ce soit.
J’écris pour m’approcher un peu plus du bout du tunnel.
J’écris pour ne pas rater mon existence.
J’écris car cela devient pour moi une obligation.
Tout bien considéré, je passe la majorité de mon temps à écrire. Car non seulement l’écriture me sauve à chaque fois, elle me maintiendra également en vie, même après ma mort.
Dany Laferrière a écrit : « Un écrivain, c’est celui qui le devient en balayant tout sur son passage. Il ne peut faire autrement. Il est dévoré par une passion aussi dévastatrice que le pouvoir. Dans ce métier, le caractère est plus important que le talent. Il faut avoir beaucoup de caractère pour poursuivre ce voyage quels que soient les obstacles rencontrés sur sa route, tout en étant d’une faiblesse absolue face à ce monstre sans visage qui vous pousse à écrire pendant que votre ville tombe. »
Dans ce contexte-là, puis-je me proclamer écrivaine ?
Ange Dany JOSEPH (JAD)
4 réponses
Wow, Merci.
Toutes mes félicitations !!!
« J’écris pour partager nos douleurs communes… J’écris pour ne pas rater mon existence. » Doctement dit…
En vous écrivant, vous m’écrivez.
Merci Angel!
C’est profond Angie..
Continue d’écrire et surtout ne t’arrête pas!
Certainement que tu es une écrivaine. Tu l’as dans ton âme. T’es née pour écrire ✍️. Ne t’arrêtes jamais, peu importe les embûches.