
Il est bientôt 5 heures du matin. C’est l’heure de laisser mon lit et me préparer pour aller à la rencontre de tout ce qui m’attend de bon durant cette nouvelle journée. Faire face aux nouveaux défis. Rechercher de nouveaux challenges. Voir comment je peux agrandir mon capital. Penser aux stratégies que je vais utiliser pour atteindre mes objectifs… Donc 5 heures du matin, pour moi, ce n’est vraiment pas une heure convenable pour tenir des conversations stériles au téléphone, ni ressasser de mauvais souvenirs.
D’ailleurs, il ne s’agit même pas d’une question d’heure. Pourquoi devrais-je répondre à ton appel ? Pourquoi me téléphones-tu exactement ? Qu’est-ce que tu me veux ? Tu étais où depuis tout ce temps ? Où te trouvais-tu quand je gisais au fond du gouffre ? Tu fabriquais quoi quand, moi, j’étais en train de mourir sur ce lit d’hôpital ? Avec qui étais-tu ?
Je veux que tu m’expliques tout simplement quel est le but. Me vendre de nouveaux rêves pour ensuite me laisser tomber qu’avec l’odeur de ton parfum ? Me parler de ta nouvelle chanson préférée ? Me raconter ce qui ne va pas dans ta vie ? Me faire l’amour pour ensuite vouloir me larguer ?
Souviens-toi que tu m’avais laissée tomber au moment où j’avais le plus besoin de toi dans ma vie. Tu m’avais dit que tu en avais marre, que tu ne voulais plus de moi, que j’étais de trop dans ta vie et que tu ne pourrais pas répondre à mes exigences. Et le pire, tu ne m’avais rien exprimé avec de simples mots, mais plutôt avec ton indifférence. Tu ne m’aimais plus. Tu m’avais dit tout cela à travers tes actions, et quelques fois à travers ton silence.
Tu m’avais laissée dans ce silence de cathédrale, et je crois que c’est vraiment ce qui a été le plus difficile à endurer. Tu m’avais laissée dans le doute. Tu m’avais laissée dans la confusion. Je n’ai jamais eu de réponse à mes questions. Jamais. C’était affreusement douloureux !
Mais en dépit de tout, je ne voulais pas te laisser partir. Je ne voulais pas que tu partes, et tu le savais. Je voulais que tu restes malgré tes mépris. Je voulais que tu restes malgré ton indifférence envers moi. Je voulais que tu restes malgré tes sautes d’humeur. Je voulais que tu restes malgré ton indisponibilité pour nous.
Savoir que tu es là me suffisait largement, et c’est bien la raison pour laquelle je ne t’avais rien demandé d’autre à part être là. Je voulais que tu sois là pour nous. Et pour moi aussi, de temps en temps.
Était-ce vraiment si difficile pour toi de me traiter comme il le faut ? Je connais la réponse : je ne représentais tout simplement pas la priorité de tes priorités. Du moins, je ne faisais partie de la liste de tes priorités.
Je ne t’avais pas demandé de me décrocher la lune. Non ! Je ne t’avais pas demandé de me considérer comme la huitième merveille du monde non plus. Ni de me traiter de la même façon que l’on traite la reine Elisabeth II. Par contre, tu me trouvais trop exigeante quand même.
Mais, en réalité, est-ce vraiment moi qui semble si exigeante ou n’as-tu pas été tout simplement à la hauteur de mes attentes ?
Je me souviens que tu avais juré que ta vie serait bien meilleure sans moi. Actuellement je ne suis plus dans ta vie, je ne fais plus partie de ta vie, non ? Alors qu’est-ce qui t’empêche d’être heureux ? Qu’est-ce qui t’empêche de vivre ta meilleure vie ?
Peut-être que tu n’avais pas toujours raison, comme tu le pensais. Peut-être que sur ce point tu avais tout faux. Ou peut-être que tu n’arrives pas à me sortir de ta tête, et c’est la raison pour laquelle que tu n’arrives toujours pas à être heureux.
Aujourd’hui quand je regarde en arrière, je m’en veux à mort. Et je pense que je me dois vraiment des excuses pour avoir accepté tout cela. Donc, non, ce n’est pas une expérience à refaire !
D’autant plus que je reste et demeure toujours la même. Je suis toujours moi-même : avec mes propres fardeaux et aussi mes lots d’exigences.
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, pour nous deux, c’est trop tard. C’est trop tard parce que quand j’avais besoin de toi, tu n’étais pas là. C’est trop tard parce que quand je pleurais pour toi et à cause de toi, ça ne voulait rien dire à tes yeux. C’est trop tard car j’ai compris que le rien d’une personne peut incarner le tout d’une autre personne. Oui, je suis devenue le tout de quelqu’un à présent ! Et, je t’assure que c’est réellement une autre saison d’amour.
Ange Dany JOSEPH
Une réponse
Quel mélange de mélancolie et de passion, c’est vraiment captivant.
Félicitations 💫